Paris fait l’amour au Barça !

L’année où on l’attendait le moins, le PSG d’Unai Emery, en état de grâce, surclasse le Barça (4-0) au Parc des Princes, grâce notamment à un doublé d’Angel Di Maria, en 8e de finale aller de Ligue des champions. Jamais les Parisiens n’ont été aussi proches d’une qualification, avant le match retour au Camp Nou.

Ah, les cachottiers. Paris avait bien caché son jeu. Six premiers mois d’une saison jusqu’à présent pleine de doutes, à vivre sous le feu de la critique, à commencer par son nouveau coach au style si peu définissable, et à multiplier les résultats si peu en rapport avec les ambitions des dirigeants qataris. Et puis… Et puis ce chef d’œuvre. Ne boudons pas notre plaisir d’avoir assisté à un moment rare. Que ce spectacle du grand Barça et de sa fameuse MSN, soudain humiliés par une jeunesse parisienne d’un culot monstre et qui, contre toute attente, a pris la leçon au Parc des Princes (4-0). Magistral. Sans appel.

Le PSG d’Unai Emery sait bien sûr, au coup d’envoi, qu’il a besoin d’un match haut de gamme pour frapper un grand coup dès ce match aller. Et ça démarre à cent à l’heure avec ce carton jaune récolté par Adrien Rabiot déjà dépassé par Neymar (3e). Mais dans la minute qui suit, il faut une lecture du jeu parfaite de Marc-André ter Stegen pour venir couper loin de son but la trajectoire de Blaise Matuidi, capitaine du soir, parti dans le dos de la défense barcelonaise. Mais que dire, dans la foulée, de cette opportunité gâchée par manque de spontanéité quand Edinson Cavani, en position de hors-jeu, mais pas signalé sur le ballon d’Angel Di Maria dans la surface, tergiverse trop (6e).

Il n’empêche, Paris entre parfaitement dans la partie avec un bloc équipe haut, agressif sur le porteur du ballon et surtout décomplexé sur le plan technique comme dans les initiatives. De la verticalité dans le jeu et des passes justes, comme sur ce service de Rabiot pour Matuidi, capitaine du soir, qui oblige encore Ter Stegen à une parade réflexe (11e). La défense barcelonaise est en panique. Comme sur ce contrôle orienté de Julian Draxler, qui met Samuel Umiti au supplice. Le coup-franc offert à Angel Di Maria aux vingt mètres est gagnant pour l’Argentin, qui profite d’un mur trop friable, à l’image du Barça, pour ouvrir le score (1-0, 18e). En toute logique.

Kimpembe dévore Messi !

Alors qu’on cherche désespérément Leo Messi, Luis Suarez ou encore Andrés Iniesta, il y a bien Neymar, pour malmener Thomas Meunier côté gauche et servir à la perfection André Gomes pour un tête à tête avec Kevin Trapp. Mais c’est le portier parisien qui gagne son duel (28e). D’un bout du terrain à l’autre, alors que chaque attaque du PSG, ou presque, met son adversaire en difficultés, c’est un autre Allemand qui s’illustre. Draxler est déchaîné. Le champion du monde élimine Sergi Roberto en un contre un et trouve le bras ferme d’un Ter Stegen qui tient son équipe à bout de bras (34e).

L’Allemand ne peut rien sur le but converti par Draxler, suite à un décalage idéal de Marco Verrati, lui-même consécutif à un ballon perdu par… Messi, sous la pression de l’Italien et de Rabiot (40e). Et les Parisiens font le break comme dans un rêve avant la pause (2-0). Au terme d’un premier acte, où leurs sept tirs cadrés (contre un seul au Barça) signent leur performance.

A condition de confirmer. Les coéquipiers de Matuidi vont faire mieux encore. L’impuissance du Barça est totale. Et Di Maria poursuit son récital. Une relance de Trapp dans sa surface pour Rabiot, capable d’échapper à Suarez et Neymar, comme le résumé de ce match idéal, où Paris domine son rival comme jamais, et l’Argentin qui ne se pose pas de questions et ajuste Ter Stegen pour un doublé le jour de ses 29 ans (2-0, 55e) !

Derrière, c’est le jeune Presnel Kimpembe, doublure de Thiago Silva, qui se paye le luxe de dévorer dans l’impact sa majesté Messi (62e). Le Brésilien retrouvera-t-il sa place ? On plaisante à peine… Les Catalans, eux, sont écœurés, mais aussi incapables d’endiguer la marée. Qui ne peut pas être complète sans le trente-septième but de la saison de Cavani, lancé par Meunier et dont la frappe est imparable (4-0, 72e). On se pince pour y croire. Il ne peut rien arriver à ce PSG, sauvé par un poteau sur le coup de tête d’Umtiti (82e). Le Barça est K.-O. et, sauf à envisager une remontada d’exception, Paris a un pied et demi en quarts de finale de cette Ligue des champions. Renversant !
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(*) L’Uruguayen inscrit son 7e but en 7 matches de Ligue des champions, en plus de ses 25 buts en Ligue 1 et ses 5 réalisations en sélection.