Messi, une année pas comme les autres

Lionel Messi a vécu une année 2016 particulière. Elle a très bien commencé, sur la lancée de sa troisième victoire dans la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, et elle s’est terminée sur une bonne note, avec le titre de meilleur buteur du monde sur l’année calendaire.

Mais entre le mois de janvier et le mois de décembre, l’Argentin a vécu un parcours parfois mouvementé, notamment lors de la Copa América Centenario, qui a marqué un véritable tournant pour lui. Jusque-là, l’année se déroule de façon normale pour Leo, en tout cas selon ses standards…

Avec le FC Barcelone, il remporte la Liga espagnole pour la huitième fois de sa carrière, se fendant de 20 buts et 16 passes décisives (meilleur passeur ex-aequo avec son coéquipier Luis Suárez). En offrant deux buts à l’Uruguayen face au Deportivo La Corogne, il bat également le record de passes décisives dans le championnat d’Espagne, jusque-là détenu par le Madrilène Michel avec 120 unités.

Éliminé en quarts de finale de la Ligue des champions de l’UEFA, il se rattrape en remportant la Coupe du Roi et la Supercoupe d’Espagne.

Un terrain fertile
Avec l’équipe nationale, les choses se passent tout aussi bien pour la Pulga. Après avoir manqué les quatre premières journées des qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™, il réalise un retour fracassant au mois de mars. Grand artisan des deux victoires face au Chili et à la Bolivie, il permet aux Albicelestes de monter dans le wagon des qualifiés directs.

Puis vient la Copa América Centenario, au mois de juin. Le public remarque d’abord son changement de look, avec une barbe naissante que la star va garder. Messi fait même école auprès des supporters argentins et de ses coéquipiers. L’effet de mode bat son plein.

« C’est venu comme ça et je vais la garder jusqu’à la finale. Je vais l’adapter. Si je me rase, ils me tuent », plaisante la star après le quart de finale contre le Venezuela. Ce jour-là, Leo sert Gonzalo Higuaín sur un plateau et devient le meilleur passeur de l’histoire de la compétition avec huit passes à son actif.

En demi-finales face aux États-Unis, il fait trembler les filets sur coup franc, ce qui lui permet de devenir le meilleur buteur de l’histoire de la sélection en battant le record de 54 réalisations de Gabriel Batistuta. À ce stade, on se dit qu’un titre avec la sélection l’aidera à apaiser la déception des finales perdues à Brésil 2014 et à la Copa América 2015. « Ce groupe le mérite », assure-t-il après la demi-finale.

Coup dur et retraite internationale
Marqué à la culotte, Messi ne parvient pas à peser au cours des 120 minutes de la finale contre le Chili. Pire encore, il manque son penalty lors de la séance de tirs au but. Sur les entrefaites du match, il est anéanti, inconsolable. « C’est bon, la sélection, c’est terminé pour moi. « C’est pour le bien de tout le monde. J’ai fait tout ce que j’ai pu. Je m’en vais sans avoir pu remporter un titre avec la sélection. »

Cette annonce provoque une onde de choc sur la planète football. Elle suscite également la mobilisation des supporters argentins et des spécialistes. Ses détracteurs, qui pointaient son manque de leadership (« il ne joue pas aussi bien les finales avec l’Argentine qu’avec Barcelone »), deviennent alors ses premiers soutiens. Sur les réseaux sociaux, des campagnes se mettent en place pour lui demander de revenir sur sa décision. Le phénomène devient vite viral…

De son côté, Messi envoie des messages mitigés. Lors de l’une de ses premières apparitions publiques après cette finale, il arbore des cheveux blond platine. « Derrière ce changement de look, il y a un peu de tout : la folie du moment, l’envie de changer un peu, de repartir de zéro… Un nouveau départ après cette Copa América qu’on a encore perdue aux tirs au but », explique-t-il.

Retour et fin d’année réussie
Dès sa prise de fonctions à la place de Gerardo Martino, Edgardo Bauza s’attelle à lui faire changer d’avis. Régénéré et remobilisé, Messi annonce son retour par le biais d’un communiqué. « Beaucoup de choses me sont passées par la tête le jour de la dernière finale. J’ai pensé sérieusement à tout arrêter, mais j’aime trop mon pays et ce maillot. Je remercie tous les gens qui veulent que je continue à jouer pour l’Argentine. »

C’est ainsi que Messi enfile de nouveau la tunique albiceleste sans avoir manqué le moindre match. Pour son retour aux affaires en septembre, il se montre décisif en inscrivant le but de la victoire face à l’Uruguay. Son absence pour blessure lors des trois journées suivantes va prouver, si besoin était, qu’il est un élément essentiel de la sélection. L’Argentine ne prend que deux des neufs points mis en jeu, concédant des nuls face au Venezuela et au Pérou, et s’inclinant à domicile face au Paraguay pour la première fois de son histoire.

Lors des deux journées de novembre, Messi affiche un nouveau changement de look. Cette fois, il a fait retoucher son tatouage sur le mollet gauche, pratiquement recouvert de noir. À Belo Horizonte face au Brésil, il réalise un match discret et l’Argentine s’incline lourdement. Ce revers suscite les inquiétudes, mais le Barcelonais se charge lui-même de les apaiser grâce à un but et deux passes décisives face à la Colombie. L’Albiceleste boucle ainsi l’année en position de barragiste.

De nouveau brun et avec une nouvelle coiffure, il réalise une prestation étincelante lors du derby catalan, qui le voit inscrire l’un des 59 buts (51 avec le Barça et 8 avec l’Argentine) qui lui permettent de terminer meilleur buteur de l’année pour la troisième fois de sa carrière.

Transcendant et déterminant en club comme en sélection, Messi figure logiquement dans les finalistes pour le titre The Best – Joueur de la FIFA 2016. Même en cette année pas comme les autres