Suarez, Neymar, Bale… Ce qui leur a manqué pour dépasser Griezmann

Au terme d’une année exceptionnelle, Antoine Griezmann a terminé 3ème au classement du Ballon d’Or. Derrière lui, Suarez, Neymar et Bale avaient des atouts pour viser le podium…

Ce n’est pas à 20h pétantes, finalement, sur le plateau bondé de La Chaîne L’Equipe, mais un peu plus tard que le suspense s’est fait sentir, lundi soir. Après le sacre attendu de Cristiano Ronaldo et une inéluctable deuxième place réservée à Messi, l’enjeu consistait à savoir qui d’Antoine Griezmann, Luis Suarez, Neymar ou Gareth Bale complèterait le podium du Ballon d’Or. Ces quatre-là avait des cartes en poche, mais c’est le Français qui a coiffé ses concurrents. Pourquoi ? Comment ? Eléments de réponse.

Ballon d’Or : le classement

Une année (presque) complète pour Griezmann

Paradoxalement, c’est à la fin de la saison dernière, où tout s’est décidé, qu’Antoine Griezmann a peut-être fait la différence. Le Français a perdu la finale de l’Euro un mois après avoir perdu celle de la Ligue des champions. C’est une limite. Elle aurait pu être fatale (comme sa facheuse manie de manquer ses penalties), mais l’addition de ces deux parcours a finalement pris le pas. En C1 comme à l’Euro, le Mâconnais a montré une vraie personnalité. Ses buts, cruciaux dans des matches couperets, mais aussi son influence dans le jeu, sa hargne, sa faculté à défendre ou à briller sur toutes les phases de jeu ont porté ses équipes.

Griezmann, c’ps-griezmann_kgji1vbu9a651w7016mayrbofest une image, un visage. Le symbole d’un renouveau pour la France et d’une réussite toujours inattendue pour l’Atlético. L’impact du Français est donc resté dans les têtes au moment des bilans. La trace qu’il a laissée est profonde. Même si elle aurait pu être éternelle…

 

Suarez a moins marqué les esprits

D’un point de vue purement statistique, Luis Suarez a explosé les compteurs cette année. 59 buts en 53 matches toutes compétitions confondues, un titre de pichichi au pays de Ronaldo et Messi, un rythme de buts globalement maintenu depuis le début de saison… Mais les chiffres ne disent pas tout. Si l’Uruguayen est un buteur-passeur à la grinta contagieuse, il a aussi bénéficié d’un tout autre confort. Son cahier des charges n’est pas le même dans une équipe habituée à tenir le ballon.

Comme Antoine Griezmann, Luis Suarez a perdu en influence depuis quelques semaines, dans le jeu, au moins, même si ses buts disent le contraire. Champion d’Espagne et vainqueur de la Coupe du Roi, l’Uruguayen n’a pas laissé de trace profonde avec la Celeste cette année (élimination précoce en Copa America). Il était attendu sur ce terrain-là, aussi.

Neymar n’a pas franchi de cap

Il est difficile de tancer l’année d’un joueur ayant inscrit 31 buts en 49 matches toutes compétitions confondues. Mais Neymar, troisième au Ballon d’Or la saison passée, est logiquement tombé du podium. La superstar brésilienne a justifié son rang avec un doublé Coupe-Championnat et un sacre aux Jeux Olympiques, sur ses terres, mais elle n’a pas réellement franchi de cap par rapport à la saison dernière. Son année est plus ordinaire.

Sur le plan techniqueneymar-barcelona-real-madrid-la-liga_d4mv05tjagyc1560j1zsjv50x, aussi, le début de campagne de Neymar est plutôt contrasté. L’attaquant du Barça a pris l’habitude de se cantonner dans son couloir gauche, et ce positionnement le pénalise dans son rendement. Joueur le plus coté de la planète d’après une récente étude, Neymar suscite des attentes à la hauteur de son immense potentiel.

 

Bale freiné par les blessures

Un mollet en janvier, un genou en mai, une cheville en novembre… L’année 2016 laissera un goût d’inachevé à Gareth Bale après ses innombrables blessures. L’ailier gallois a passé beaucoup trop de temps à l’infirmerie pour accrocher le podium. C’est une petite déconvenue, parce que son rendement aurait dû le porter plus haut. Demi-finaliste de l’Euro avec une surprenante équipe du Pays de Galles, Bale a fait forte impression sur le terrain et assumé ses responsabilités en dehors.

Sa puissance, sa vélocité, sa qualité de pied et son jeu de tête (en grand progrès) ont été de vrais atouts pour sa nation, avant et pendant l’Euro. Avec le Real, enfin, le Gallois a affiché une vraie régularité et un ratio impressionnant, en plus de remporter une nouvelle Ligue des champions. C’est un bilan admirable, mais Gareth Bale ne partait pas sur la même ligne que les autres.